Soleil couchant
L'ostensoir du soleil descend très lentement
Avec une beauté qui veut qu'on la contemple,
Puisque pour disparaître en dédorant son temple
Dont le morne est l'autel, il s'arrête un moment...
Et les oiseaux du ciel osent chanter à peine,
Et les arbres muets dans leur espoir secret,
Devant leur dieu qui les bénit comme à regret,
Se courbent, dirait-on, sous le poids d'une peine...
Un silence où l'on sent passer un long soupir,
Plane comme un adieu lassé sur la campagne,
Et l'astre disparu, le regard l'accompagne
Dans ce dernier rayon que l'on voit s'assoupir.
Et tandis que la terre est gravement morose,
Il s'épand sur le ciel rosé, par endroits blanc,
Divinement fleurie en un azur troublant,
La suave beauté d'un crépuscule rose.
À propos de l'auteur
Christian Werleigh (1895–1945) est un poète et dramaturge haïtien du Cap-Haïtien. Il est l'auteur de « Le Palmiste dans l'Ouragan » (1930) et de drames historiques dédiés à Toussaint-Louverture et Henri Christophe.