Mémoire
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Classique
J'habitais autrefois
par Oswald Durand
31 août 2026J'habitais autrefois un humble logis; oncque
N'y dormit avant moi. C'était un vilain trou.
Dans quel quartier, dans quel lieu, — je ne sais plus où:
— Le pauvre, sans choisir, dort sous un toit quelconque.
D'autres peuvent opter. Tel préfère la jonque
Chinoise; l'autre pond, comme fait le coucou,
Chez le voisin; d'aucuns ont de vrais casse-cou;
Et Vénus-Aphrodite habitait une conque.
Ce logis humble avait, en face, un horizon
De ruines: — des murs, grands, tout couverts de palmes
Vertes, d'arbres feuillus, de grasse floraison.
Ces lieux me plaisaient; seuls, ils m'offraient ces soirs calmes,
Longs, non interrompus, qui consolaient mon cœur,
Adoucissaient mon mal, mitigeaient ma rancœur.
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