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Sur les fleurs de nos prés

par Oswald Durand

31 août 2026

Sur les fleurs de nos prés, la diligente abeille,

Pour son miel parfumé, glane avec le matin.

Chacune, en s'entr'ouvrant, lui tend une corbeille

Où la vive ouvrière amasse son butin.

Le poète, comme elle, en quête de butin,

Pour ses rimes d'or pur, emplissant sa corbeille,

Cueille sur les rosiers les larmes du matin,

Doucement, sans troubler le travail de l'abeille.

Les femmes, pour le miel de leur poète-abeille,

Viennent à son chevet dès le petit matin,

Découvrant leurs seins bruns, — une double corbeille —

Où sa lèvre, à longs traits, boit un exquis butin.

Parfois, c'est dans les pleurs qu'il puise son butin.

Les cœurs endoloris lui montrent leur corbeille,

D'où se sont envolés les jasmins du matin,

Qui font place aux soucis que n'aime pas l'abeille.

Puis, les vieux souvenirs, pour ce miel de l'abeille,

— La poésie aimée, — accourent le matin;

Au front chargé d'ennuis, ils tendent leur corbeille,

Où l'on trouve à foison le précieux butin.

Lectrices, choisissez dans ce riche butin:

Baisers, pleurs, souvenirs, débordant la corbeille.

Glanez pour vos plaisirs, comme fait, le matin,

Sur les fleurs de nos prés la diligente abeille.

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